ORFEO ED EURIDICE
Opéra en trois actes de Ch. W. Gluck

Dans l’évolution de la musique, certaines périodes prennent une importance particulière pour des raisons historiques ou symboliques. Ainsi Gluck, de par son génie, va donner un sens nouveau à l’opéra qui influencera les compositeurs jusqu’à Wagner.

Le compositeur
Christoph Willibald Gluck, compositeur allemand du 18e siècle, se consacra essentiellement à la composition d’opéras. Avec sa célèbre « réforme » visant à introduire le naturel et la vérité dramatique dans sa musique, il va changer le visage de la scène musicale. Admiré par ses contemporains, il reste l’un des compositeurs les plus importants de la période classique avec Haydn, Mozart ou Carl Philipp Emmanuel Bach.

L’œuvre « Orfeo ed Euridice »
« Orfeo ed Euridice » est le plus célèbre opéra de Gluck et reste également un de ses chefs-d’œuvre. Le mythe d’Orfeo a inspiré beaucoup d’artistes. Orfeo est un héros légendaire de la mythologie grecque. Il est le fils du roi de Thrace et de la muse Calliope. Il sait par les accents de sa lyre, charmer les animaux sauvages ou émouvoir les êtres inanimés.
Sa femme Euridice meurt des morsures d’un serpent et descend au royaume des Enfers. Orfeo apprend de l’Amour qu’il pourra récupérer Euridice s’il parvient à convaincre l’Enfer.
Un très impressionnant chœur infernal tente de barrer la route à Orfeo, mais celui-ci, par sa musique enchanteresse, parvient à émouvoir les esprits qui lui cèdent le passage. Il retrouve Euridice et repart avec elle. Orfeo n’ose pas poser son regard sur sa bien-aimée tant qu’ils ne seraient pas revenus tous deux dans le monde des vivants. Euridice s’inquiète de l’indifférence d’Orfeo qui ne peut la regarder. A l’écoute de ses reproches, il ne peut s’empêcher de se retourner et elle expire dans ses bras. L’Amour surgit pour dissuader Orfeo de se suicider et lui rend Euridice. L’œuvre s’achève dans la joie, au milieu de la musique et de la danse.

Les deux premiers actes expriment des contrastes dramatiques montrant Orfeo seul contre les forces de l’Enfer symbolisées par le chœur. Le troisième acte laisse une large place à l’expression des sentiments. Ainsi « Orfeo ed Euridice » est ressenti comme un drame humain. Lorsque cet opéra fut donné à Paris en 1762, il obtint un triomphe. Ce chef-d’œuvre, qui n’a pas cessé de fasciner les grandes voix, a traversé les siècles sans prendre de rides. Il investira le merveilleux site de l’ancienne église du Noirmont en automne 2008. Ce spectacle qui fut sans doute l’un des événements théâtraux du 18e siècle reste pour nous un magnifique exemple d’union de la poésie et de la musique. Simplicité, force des émotions caractérisent « Orfeo ed Euridice ». A travers cette œuvre, Gluck atteint le sommet de son art.